2 min, Depuis 2020, les nappes du Bal de la Rose ne finissent pas enroulées dans un carton. Princesse Caroline de Hanovre a instauré cette tradition de recyclage. Six couturières les tressent à la main. La collection « Galaxy », issue du 70e bal donné le 21 mars 2026, sort mardi 16 juin.
Du métal galactique à la pièce d’artisanat, le tissu garde la mémoire de la soirée
Le thème était « Galaxy ». Christian Louboutin avait habillé la Salle des Étoiles du Sporting Monte-Carlo pour 800 convives, sous la présidence du Prince Albert II et de la Princesse Caroline. Les nappes métalliques qui ont recouvert les tables ce soir-là ressortent transformées : associées à un denim bleu profond, elles deviennent porte-bouteilles, porte-serviettes, dessous de verre, boîtes à mouchoirs, sacs à main et pièces décoratives.
Chaque objet porte une rose stylisée. C’est le signe de reconnaissance, le lien discret entre le grand soir monégasque et l’objet du quotidien.
Le tressage manuel comme méthode : pourquoi pas une machine ?
La technique est entièrement manuelle. Six couturières s’y attellent. Le choix du tressage à la main n’est pas seulement esthétique : il permet de travailler des matériaux de récupération aux formats irréguliers, de conserver la patine du tissu de gala sans l’uniformiser. Le métal des nappes, souple mais marqué par le pliage et l’usage, demande une manipulation au cas par cas. Une machine standardiserait. La main adapte.
Combien ça coûte, et où trouver ces pièces ?
La collection précédente, « Jaïpur » en 2023 sur le thème « Bollywood », proposait 50 pièces à partir de 45 euros. Pour « Galaxy », les prix ne sont pas communiqués. La vente se fait sur commande et à la Boutique du Rocher de Monte-Carlo, émanation de la Fondation Princesse Grace.
Les bénéfices retournent à la fondation : une boucle qui se referme
La Fondation Princesse Grace est bénéficiaire des ventes. Elle soutient des actions humanitaires auprès des enfants et des projets culturels pour étudiants. Le bal génère le matériau, l’artisanat le transforme, l’achat finance les missions. L’opération n’a pas de lien établi avec le Stade Toulousain, mais elle illustre une logique de circularité que d’autres institutions de prestige commencent à éprouver : que devient le décor d’une soirée quand la soirée est finie ?
À Monaco, la réponse est devenue rituelle. Depuis six ans, les nappes ressortent. Ce qui a habillé les tables des princes et des mécènes finit en dessous de verre, ou en sac à main, tressé dans un atelier du Rocher. Le luxe jetable n’existe pas. Il change d’échelle.
