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Contes pose 320 000 euros sur trois toits pour ne plus acheter son électricité

Par Isabelle Roux Publié le 15 juin 2026 · 4 min de lecture
Contes pose 320 000 euros sur trois toits pour ne plus acheter

2 min, Contes, dans l’arrière-pays niçois, parie 320 000 euros sur le soleil. Pas sur une centrale lointaine, mais sur ses propres toits : trois bâtiments publics du quartier Miaglia vont produire leur électricité sur place. Livraison prévue cet été.

320 000 euros, trois toits

La commune de Contes vient de lancer l’installation de panneaux solaires sur la Maison pour tous, le gymnase municipal et la Maison des jeunes. Coût total : 320 000 euros hors taxes, selon Nice-Matin ce 13 juin 2026.

Je l’avoue, ce chiffre m’a fait tiquer. Pour une commune de l’arrière-pays, c’est une mise conséquente. Mais le calcul est simple : moins de facture EDF, moins de dépendance aux tarifs qui flambent, et un toit qui travaille à la place des contribuables.

L’objectif affiché, c’est l’autoconsommation collective. Le village produit, le village consomme.

Qui paie ? Tout le monde, un peu

La facture se partage entre quatre lignes budgétaires : commune, État, Région, Département. C’est devenu le schéma classique des petits projets photovoltaïques publics. Chaque échelon met un billet, personne ne se ruine, et l’affaire avance.

Vous l’avez peut-être remarqué : ces montages financiers à quatre pattes, c’est aussi ce qui les rend fragiles. Un partenaire qui tire le frein, et le calendrier dérape. Là, pour l’heure, tout le monde semble aligné. Cet été, donc.

La communauté de communes du Pays des Paillons accompagne le projet. Contes n’est pas seul dans son coin, elle s’appuie sur un intercommunalité qui porte d’autres dossiers similaires. Ça aide, quand on n’a pas les compétences en propre.

Les toits qu’il a fallu rafistoler d’abord

Deux des trois bâtiments posent problème. Leurs toits-terrasses fuient. Avant de poser quoi que ce soit, la commune a dû (ou doit encore) refaire l’étanchéité. C’est le genre de travail invisible, pas photogénique, qui gonfle l’ardoise sans rien montrer au final.

Et puis il y a la sécurité. Garde-corps, échelles d’accès, lignes de vie : on ne monte pas entretenir des panneaux comme on change une ampoule. Ces détails, Nice-Matin les relève sans les commenter. Moi, je trouve qu’ils disent quelque chose de la vraie nature du solaire : ce n’est pas qu’une histoire de technologie brillante, c’est aussi de la maintenance au quotidien, des ouvriers sur des toits, des procédures.

Le gain annoncé en isolation thermique, par contre, fait plaisir : quatre degrés de plus en hiver dans les bâtiments concernés. Pas grâce aux panneaux eux-mêmes, mais à l’ensemble des travaux sur l’enveloppe. C’est l’effet boule de neige des rénovations bien menées.

Contes, grain dans un moulin plus vaste

Le village s’inscrit dans une dynamique métropolitaine. La Métropole Nice Côte d’Azur a lancé un appel à manifestation d’intérêt en 2023 pour équiper 15 bâtiments publics, comme le rapporte Nice Presse. L’objectif : passer de 25 GWh/an à 110 GWh en 2026, puis 300 GWh en 2030. Contes, avec ses trois toits, participe à cette rampe.

Le solaire sur les mairies montre l’exemple. C’est politique, pas uniquement comptable.

Le contexte régional donne du crédit au projet. L’ensoleillement à Nice frôle les 2 724 heures par an, avec une irradiation moyenne de 1 750 kWh/m². La région PACA concentre 12 % de la capacité photovoltaïque nationale, soit 2,7 GW en 2025, pour une production de 3,2 TWh annuels. Et près de 1,5 million de tonnes de CO₂ économisées chaque année, selon les données régionales.

Le soleil niçois, enfin rentabilisé par les petits

On a longtemps laissé le photovoltaïque azuréen aux grandes surfaces commerciales et aux installations agricoles. Les collectivités modestes restaient sur le carreau, faute de trésorerie ou d’expertise. Contes, avec ses 320 000 euros et son partenariat intercommunal, montre qu’un village de l’arrière-pays peut rattraper le retard.

Vous habitez un petit bourg des Alpes-Maritimes ? Regardez vos toits publics. S’ils sont plats, bien orientés, et si votre mairie a un peu de ténacité, le modèle Contes est reproductible. Le financement quadruple existe. L’ensoleillement, ici, personne ne vous le conteste.

Cet été, si vous passez par le quartier Miaglia, levez les yeux. Trois bâtiments auront changé de peau. Pas de quoi faire une photo spectaculaire, juste des panneaux gris sur du béton. Mais le courant qui en sortira, ce sera du local pur. Pas mal, pour un village qui ne veut plus acheter son électricité au prix fort.

Par Isabelle Roux

Isabelle Roux est rédactrice locale indépendante en région PACA. Depuis 2017, elle couvre l'actualité niçoise : politique locale, vie culturelle, gastronomie et patrimoine de la Côte d'Azur. Née à Nice, elle est attachée à la culture niçoise authentique — la socca, la pissaladière, le carnaval — et s'efforce de mettre en lumière les acteurs locaux qui façonnent le visage de la ville. Elle contribue également à des dossiers thématiques sur l'identité méditerranéenne.