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L’Opéra de Nice, la salle à l’italienne au cœur de la vieille ville

L'Opéra de Nice, salle à l'italienne du Vieux-Nice : son histoire depuis 1826, l'architecte François Aune, son décor et sa programmation.

Portrait de Isabelle Roux
Par Isabelle Roux Publié le 19 juin 2026 · 4 min de lecture

Au bout de la rue Saint-François-de-Paule, à deux pas du cours Saleya, l’Opéra de Nice impose sa double façade : une côté ville, une côté mer. Les Niçois passent devant tous les jours sans toujours s’arrêter, mais derrière ces murs se cache une vraie salle à l’italienne, l’une des plus belles de la région. Voici son histoire et ce qu’on y joue.

Un théâtre né deux fois

L’aventure commence en 1826. La Ville rase alors le théâtre Maccarani et fait construire un premier grand opéra de style italien, confié aux architectes Brunati et Perotti. Ce bâtiment-là tient près de soixante ans, jusqu’à une nuit de mars 1881 où un incendie ravage le théâtre municipal.

La municipalité ne traîne pas. Elle charge un architecte niçois, François Aune, de tout reconstruire. Quatre ans plus tard, le 7 février 1885, l’Opéra rouvre ses portes. C’est l’édifice qu’on connaît aujourd’hui, celui qui veille sur le Vieux-Nice depuis bientôt cent quarante ans.

François Aune, un élève d’Eiffel validé par Garnier

L’Opéra de Nice, la salle à l’italienne au cœur de la vieille ville

L’homme qui signe l’Opéra actuel mérite qu’on s’attarde sur lui. François Aune, né en 1814, est l’architecte de la Ville. Il a été l’élève de Gustave Eiffel, et ça se sent : sa structure repose sur des poutrelles métalliques, une vraie prouesse pour l’époque. Ses plans ont d’ailleurs été approuvés par Charles Garnier en personne, l’architecte du célèbre Opéra de Paris, qui était alors inspecteur des bâtiments civils. Difficile d’avoir meilleure caution.

Une salle à l’italienne, dorée et théâtrale

À l’intérieur, on découvre une salle « à l’italienne » classique, avec ses trois niveaux de loges qui montent vers le plafond. Le style est néoclassique, relevé de quelques touches éclectiques. Levez les yeux : la fresque mythologique du plafond, signée Emmanuel Costa, représente Phaëton. Le grand foyer, lui, est dédié aux Neuf Muses.

Et puis il y a le lustre. Un monstre de 600 lampes, rétabli en 1960, qui à lui seul donne le ton de la soirée. Côté façade, quatre statues de deux mètres veillent sur le passant, sculptées par Monetta : la Tragédie (Melpomène), la Comédie (Thalie), la Musique (Euterpe) et la Danse (Terpsichore). Tout un programme.

Un monument historique restauré

L’Opéra a été classé Monument Historique en 1993, ce qui a permis de lancer une vraie campagne de restauration. En 2000, le bâtiment a retrouvé toute son identité architecturale d’origine. C’est aujourd’hui l’un des fleurons du patrimoine de la ville, à inscrire dans tout parcours culture et patrimoine de Nice, au même titre que la place Masséna toute proche.

Ce qu’on y joue aujourd’hui

L’Opéra Nice Côte d’Azur ne se contente pas d’être un beau décor. Sa programmation est variée, avec près d’une centaine de représentations par saison. Depuis 2019, la maison est dirigée par Bertrand Rossi, qui a ouvert la salle à des œuvres plus contemporaines comme « Akhnaten » de Philip Glass, et développé de nombreux projets éducatifs pour amener un nouveau public.

L’adresse, on la répète, c’est rue Saint-François-de-Paule, en plein Vieux-Nice. Pensez à vérifier la programmation et la billetterie à jour avant de réserver. Et si le ciel se gâche, une soirée à l’Opéra reste l’une des meilleures idées pour savoir que faire à Nice quand il pleut.

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Portrait de Isabelle Roux

Par Isabelle Roux

Isabelle Roux est rédactrice locale indépendante en région PACA. Depuis 2017, elle couvre l'actualité niçoise : politique locale, vie culturelle, gastronomie et patrimoine de la Côte d'Azur. Née à Nice, elle est attachée à la culture niçoise authentique — la socca, la pissaladière, le carnaval — et s'efforce de mettre en lumière les acteurs locaux qui façonnent le visage de la ville. Elle contribue également à des dossiers thématiques sur l'identité méditerranéenne.