Taxis, infirmiers, moniteurs

Taxis, infirmiers, moniteurs : on croit qu’ils augmentent leurs tarifs, mais la réglementation bloque

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À chaque plein c’est notre revenu qui fond : à Menton, taxis, infirmiers et moniteurs d’auto-école subissent la hausse des carburants sans pouvoir la répercuter. Le gazole a franchi les 2 euros le litre, contre environ 1,50 euro auparavant. La cause est connue : les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Mais sur le terrain, les conséquences se traduisent par des choix cornéliens entre kilomètres et marges.

Les rouleurs professionnels pris en étau

Alex, infirmier libéral, parcourt entre 2.000 et 3.000 kilomètres chaque mois pour intervenir à Menton, Roquebrune-Cap-Martin et communes voisines. Il estime ses dépenses supplémentaires à environ 200 euros par mois. Sa réponse : réorganiser ses tournées en regroupant davantage les patients par secteur géographique. Moins de kilomètres vides, mais une logistique qui se resserre.

Olivier, taxi mentonnais, en fait entre 1.500 et 2.500 par semaine. Le plein, tous les deux jours, coûte désormais environ 30 euros de plus qu’avant. Multiplié par quinze ou seize fois par mois, le calcul est brutal. Sauf que les taxis sont soumis à une réglementation tarifaire qui leur interdit d’augmenter leurs prix.

La grille tarifaire comme plafond de verre

Infirmiers libéraux et taxis partagent cette contrainte : des grilles tarifaires largement encadrées. La hausse du carburant ne se traduit pas mécaniquement par un prix de la course ou de la visite qui grimpe. Le professionnel absorbe le choc, ou déplace le problème.

Laetitia Tarantola, gérante de l’auto-école Azur Drive à Menton, gère un parc de six véhicules. Chaque voiture roule environ 25.000 kilomètres par an, soit 150.000 kilomètres pour l’ensemble de la flotte. La facture carburant s’alourdit, mais ce n’est pas le seul poste : les assurances automobiles et les loyers de véhicules en leasing ont également fortement progressé. L’auto-école tente de réduire l’utilisation de la climatisation pour économiser quelques litres. Gestes techniques, gains incertains.

La borne de recharge qui n’arrive pas

Face à cette pression, une piste a été évoquée : l’installation d’une borne de recharge à la gare de Menton, demandée pour les véhicules électriques. Selon les professionnels, « rien n’a été fait ». La transition énergétique reste en suspens, tandis que le gazole continue de grimper.

Entre réglementation figée et prix du baril qui fluctue, les rouleurs de la Côte d’Azur inventent des parades. Regrouper les patients, couper la clim, espérer une borne. Mais à chaque plein, le constat est le même : c’est leur revenu qui fond.