À Nice, on ne va pas à la plage comme ailleurs. Pas de sable fin entre les orteils : ici, c’est le galet, roi incontesté du littoral. Il a ses ennemis et ses fidèles. Moins salissant que le sable, il chauffe vite sous le soleil et roule sous les pieds quand on entre dans l’eau. La parade tient en deux mots : chaussures d’eau. Avec ça dans le sac, tout le reste devient plus simple.
Voici, sans détour, nos coins préférés pour se baigner autour de Nice cet été, des grandes plages surveillées de la Promenade aux criques que les Niçois gardent un peu pour eux.
Plages publiques ou privées : le vrai choix niçois
Le long de la Promenade des Anglais, les plages alternent entre concessions privées et zones publiques. Les privées vous louent transat et parasol, avec restaurant les pieds dans l’eau. Les publiques ne coûtent rien : vous posez votre serviette sur les galets et c’est tout. Pour une baignade surveillée côté ville, plusieurs plages publiques font le travail : le Centenaire, près du Paillon, Carras à l’ouest avec son accès pour personnes à mobilité réduite, ou encore le Voilier, plus tranquille bien qu’il jouxte les plages privées.
Notre conseil reste le même chaque année : arriver tôt en juillet et en août. À midi passé, les meilleures places sont prises et le moindre carré d’ombre devient un trésor.
Coco Beach et la Réserve : la baignade des habitués
Passé le port, en allant vers le cap de Nice, on quitte la grande plage pour entrer dans le territoire des connaisseurs. Coco Beach, avenue Jean Lorrain, ne ressemble à aucune autre. Pas de galets ici, mais une succession de grands rochers plats et blancs, creusés de chemins et équipés d’échelles pour descendre dans l’eau. Les Niçois l’appellent « la piscine ». En saison, un poste de secours surveille la zone qui l’entoure jusqu’en fin de journée. Attention toutefois : seul ce périmètre est surveillé, et la mer peut devenir traître par coup de mer. Le passage des navires en partance pour la Corse agite parfois le plan d’eau.
Juste à côté, la plage de la Réserve enchaîne deux bandes étroites de gros galets et de petites criques aménagées dans la roche. On y descend par des escaliers, on s’y serre un peu, et la baignade n’y est pas surveillée. Mais pour nager dans une eau claire avec une vue à couper le souffle, hors des semaines de pleine affluence, c’est un petit bonheur. Côté stationnement, autant prévenir : il n’y a pas de parking. Quelques places avenue Jean Lorrain, sinon les bus de ligne qui s’arrêtent dans le secteur.
Villefranche, Beaulieu, Cap-Ferrat : l’est qui vaut le détour
À quelques minutes de Nice, la côte se plisse en rades et en presqu’îles. À Villefranche-sur-Mer, la plage des Marinières déroule ses 700 mètres de galets au fond d’une rade réputée parmi les plus belles d’Europe. Filet anti-méduses, poste de secours en saison, douches : c’est la valeur sûre pour une journée en famille. Le train s’arrête à deux pas, ce qui évite la galère du stationnement.
À Beaulieu-sur-Mer, la baie des Fourmis se love sous les jardins du Casino, abritée du vent, avec la villa Kérylos en toile de fond. Une plage familiale et surveillée l’été, parfaite quand le mistral se lève ailleurs.
Sur la presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat, la plage de Passable fait face à la baie de Villefranche. Sa partie publique, avec douches, suffit largement pour la journée ; la partie privée, elle, se paie. Pour les amateurs de tranquillité, le sentier du littoral qui part de la pointe dévoile une chapelet de petites criques de gravillons, peu fréquentées même en plein mois d’août. Prévoyez des chaussures : le fond est rocheux et l’herbier de posidonie tapisse le rivage.
La Mala, la crique qui se mérite
Un peu plus loin, à Cap-d’Ail, la plage de la Mala est sans doute la plus spectaculaire du secteur. Nichée au pied d’une falaise, elle se gagne par un escalier d’une centaine de marches le long de l’ancienne résidence Eden, ou par le sentier du littoral pour les marcheurs. Eau turquoise, sable mêlé de petits galets ronds, le décor a quelque chose de grec. Là encore, le plus simple est le train : la gare de Cap-d’Ail est sur la ligne littorale Nice–Vintimille, à quelques minutes de Nice. De là, on rejoint la plage à pied. La poussette, en revanche, n’a aucune chance dans l’escalier.
Ce qu’il faut glisser dans le sac
Pour profiter du littoral niçois sans mauvaise surprise, l’équipement compte autant que le choix de la plage.
- Des chaussures d’eau : indispensables sur les galets et les fonds rocheux des criques.
- De l’eau et de l’ombre : peu de criques offrent un coin couvert, et la remontée des escaliers se fait sous le soleil.
- Le train plutôt que la voiture pour Villefranche, Beaulieu, le Cap-Ferrat et Cap-d’Ail : le stationnement y est un casse-tête permanent en été.
- Un masque et un tuba : les eaux claires de l’est niçois et les herbiers attirent les bancs de poissons.
Pour le détail des accès, de la qualité des eaux et des activités dans Nice intra-muros, notre point sur les plages municipales de Nice cet été complète bien ce tour d’horizon. Et si la journée à la mer vous donne envie de prolonger en ville, jetez un œil aux expositions niçoises de l’été 2026.
Reste l’essentiel : vérifier la surveillance avant de partir, car les horaires des postes de secours évoluent d’une saison à l’autre. Pour le reste, il suffit de choisir son humeur du jour. Grande plage animée ou crique confidentielle, le littoral niçois sait répondre aux deux.
