Un spritz au limocello à 15 euros, une initiation gratuite aux cannellonis, des histoires pour enfants en italien: le dimanche 14 juin 2026, le cours Honoré Cresp n’avait pas choisi la facilité. Le rendez-vous mélangeait cuisine, langue et apéritif. Avec une idée simple derrière tout ça: occuper vos mains autant que votre curiosité.
J’ai un faible pour ce genre de programme précis. Une fête qui vous fait participer tient mieux la route qu’une suite de stands où l’on passe sans s’arrêter.
La promesse était claire. Les animations annoncées au fil de la journée se voulaient gratuites, avec un stand de Dolce Vita très tourné vers l’initiation. Il y avait aussi la présence de l’Association des cuisiniers italiens en France pour pousser la partie cuisine plus loin.
À mes yeux, c’est là que la formule était la plus juste. Si vous veniez seulement regarder, vous passiez à côté de la moitié de l’intérêt.
Pourquoi cette journée allait plus loin qu’un simple marché gourmand
Le rendez-vous se déroulait sur le cours Honoré Cresp, et le programme ne reposait pas sur un seul prétexte gourmand. Vous pouviez y trouver une initiation à l’italien pour adultes à 16 h 30. Il y avait aussi des histoires pour enfants dans la langue de Dante à 16 heures, mais aussi des ateliers de cuisine qui mettaient tout de suite le public dans l’action.
C’est bien vu. Une fête italienne qui ne parlerait ni langue ni transmission manquerait franchement sa cible.
Le stand de l’association Dolce Vita donnait ce ton-là avec des animations gratuites. Vous n’étiez pas renvoyés au rôle de spectateur poli, et c’est un vrai mérite. Le défaut, s’il faut en pointer un, venait plutôt de la densité du programme.
Entre les rendez-vous de l’après-midi, il fallait choisir, et choisir vite.
À 14 heures, la pasta de Simona faisait plus que remplir un programme

Simona animait une initiation à l’art de fabriquer la pasta à 14 heures. Sur une fête de ce type, je trouve ce créneau plus malin qu’un simple atelier décoratif. Il donne un geste à retenir, pas seulement une image à emporter.
Si vous étiez là pour apprendre quelque chose de concret, c’était sans doute l’un des moments les plus solides de la journée.
Une heure plus tard, à 15 heures, une initiation gratuite aux cannellonis était prévue pour les adultes, avec dégustation sur place ensuite. Là encore, le programme assumait un parti pris utile: faire passer la cuisine avant le folklore. Et je vais être net: quand une fête propose gratuitement de vous faire mettre la main à la pâte, elle devient tout de suite plus crédible.
Que faire quand deux rendez-vous se croisent à 15 heures ?
Le même horaire de 15 heures annonçait aussi la venue de Sophie Floreani, autrice italienne. Pour vous, cela changeait quelque chose de simple: impossible de tout suivre sans faire un tri. Ce chevauchement n’était pas idéal.
Il opposait deux propositions qui avaient chacune du sens, l’une autour du livre, l’autre autour de la cuisine.
Ce n’est pas dramatique, mais c’est le point faible le plus visible du programme. Une journée pensée pour attirer large gagne à éviter ce genre de concurrence interne. Surtout quand elle aligne peu d’heures et plusieurs rendez-vous forts.
Vous pouviez y voir de la richesse; vous pouviez aussi y perdre un morceau du menu.
Les enfants avaient leur part, et c’était sans doute le meilleur choix
Le matin, le chef Agostino Coppola animait un atelier pâtisserie pour enfants à 10 h 30, avec un apprentissage autour des zeppola. L’après-midi, de petites histoires en italien étaient prévues à 16 heures. À mes yeux, c’est ce versant familial qui tenait le mieux la journée.
Il évitait le piège de la fête pensée seulement pour les adultes qui grignotent debout.
Vous pouviez y lire une ligne assez claire: transmettre par le goût le matin, puis par les mots plus tard. C’est cohérent. Et soyons francs, une manifestation qui donne une place visible aux enfants paraît tout de suite plus généreuse.
Plus généreuse qu’un simple apéro prolongé sous un autre nom.
Une leçon d’italien pour adultes, gadget ou bonne idée ?
La leçon d’italien pour adultes à 16 h 30 répondait à cette question sans grand détour. Si vous veniez pour autre chose qu’une assiette ou un verre, vous trouviez enfin un moment pensé pour apprendre. Même brièvement.
Je préfère largement ce choix à une animation floue, parce qu’ici le public savait ce qu’il venait chercher.
Le revers, encore une fois, venait de l’enchaînement serré de l’après-midi. Entre les histoires à 16 heures et le cours à 16 h 30, le programme respirait peu. Vous pouviez aimer ce rythme; je le trouve un peu pressé.
Pour une fête qui voulait aussi laisser le temps de discuter.
15 euros l’apéro calabrais: le seul passage payant, et il donnait la couleur de la fin de journée
Dès 18 heures, un apéro calabrais était annoncé avec spritz au limocello, charcuterie et fromages, pour 15 euros. Après une série d’animations gratuites, cette bascule vers un moment payant dessinait une fin de journée plus classique. Vous saviez au moins à quoi vous attendre, et cette lisibilité compte.
Je trouve ce tarif plus facile à accepter quand il arrive après des ateliers offerts au public. Le programme donnait d’abord, puis il faisait payer un temps précis, identifié, cadré. C’est plus propre qu’une journée qui brouille tout.
Même si vous pouviez regretter qu’un rendez-vous présenté comme festif se termine par le seul passage où il fallait sortir le portefeuille.
Au fond, cette édition tenait par un équilibre assez rare: de la cuisine à 10 h 30, de la pasta à 14 heures, des livres et de l’italien entre 15 et 16 h 30, puis un apéro à 18 heures. Si vous cherchez ce qui restait après coup, ce n’est pas seulement un menu. C’est l’idée qu’une fête de quartier fonctionne mieux.
Quand elle vous apprend quelque chose avant de vous servir un verre.