Dans le dédale des ruelles du Vieux-Nice, au 15 rue Droite, une porte discrète ne laisse rien deviner. Pourtant, derrière cette façade étroite se cache le plus beau palais baroque civil de la ville : le Palais Lascaris. Un contraste saisissant entre la sobriété de la rue et le faste qui vous attend une fois le seuil franchi.
Une demeure aristocratique du XVIIe siècle
Le palais a été édifié dès 1648 pour Jean-Baptiste Lascaris, de la famille des Lascaris-Vintimille, l’une des grandes lignées de la noblesse niçoise. À cette époque, Nice n’est pas française : elle appartient aux États de Savoie. Cela explique en partie l’influence génoise et italienne que l’on retrouve dans l’architecture.
La demeure reste dans la famille jusqu’en 1802. Elle est ensuite achetée par la Ville de Nice en 1942, puis restaurée entre 1962 et 1970. Elle ouvre enfin au public en 1970. Aujourd’hui, le Palais Lascaris est à la fois Musée de France et Monument Historique, un statut qui dit bien la valeur de ce qu’il abrite.
Le faste du baroque génois

L’architecture est typiquement baroque génoise : opulence et théâtralité à tous les étages. Le palais s’organise autour de deux cours intérieures. De là part un escalier d’honneur monumental qui mène au premier étage, entouré d’arcades, de trompe-l’œil et de statues représentant Mars, Vénus et Hercule.
Au plafond, une peinture aux armes des Lascaris-Vintimille porte la devise « nec me fulgura », que l’on traduit par « rien ne me foudroie ». Cette devise deviendra plus tard celle de la ville de Nice. Discret depuis la rue étroite, fastueux à l’intérieur : le Palais Lascaris est le monument le plus remarquable du baroque civil niçois.
Une exceptionnelle collection d’instruments anciens
Si le palais vaut le détour pour son architecture, sa collection est tout aussi remarquable. On y compte plus de 500 instruments de musique anciens, ce qui en fait la deuxième collection la plus importante de France, juste après le Musée de la musique de Paris.
Harpes, violes de gambe, clavecins, luths, guitares baroques signées Voboam ou Tesler : le voyage musical est large. Il va de la saqueboute de Schnitzer, fabriquée à Nuremberg en 1581, jusqu’à un saxophone Grafton de Londres, vers 1960. L’exposition permanente met surtout en valeur les instruments d’avant 1800.
Cette collection provient en grande partie du legs du notable niçois Antoine Gautier, par testament daté du 26 mai 1901. Un don qui a fait du Palais Lascaris une référence pour les amateurs de musique ancienne.
Des décors à couper le souffle
Les appartements ne déçoivent pas. Ils sont ornés de dorures, de tapisseries d’Aubusson et des Flandres, de peintures et de sculptures. De grandes fresques de mythologie habillent les plafonds et les murs, dans cet esprit théâtral propre au baroque.
Un point pratique à connaître : le palais n’a pas d’ascenseur, en raison de son statut de Monument Historique. La visite se fait donc à pied, par l’escalier d’honneur. Comptez entre 30 minutes et une heure pour en faire le tour. Côté programmation, le lieu propose des expositions temporaires et des concerts qui mettent en valeur les instruments anciens, parfois joués sur place.
Pourquoi y aller
Le Palais Lascaris est un incontournable pour qui veut comprendre la richesse du Vieux-Nice et son passé savoyard. C’est l’un des plus beaux exemples du baroque qui marque tout ce quartier historique. La visite se combine naturellement avec une balade dans les ruelles, à la découverte du quartier historique et de ses places baroques.
Le palais figure logiquement parmi les musées incontournables de Nice, et il trouve toute sa place dans un parcours dédié à la culture et au patrimoine niçois. Une visite courte mais dense, qui laisse un vrai souvenir.
Petite précision : il s’agit d’un musée municipal. Horaires et tarifs peuvent évoluer, pensez à vérifier les infos pratiques auprès de la Ville de Nice avant votre venue.
