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Pas le même Stars’N’Bars : à Monaco, le bar culte revient sans refaire les années 90

Portrait de Isabelle Roux
Par Isabelle Roux Publié le 5 juillet 2026 · 5 min de lecture
Employés de dos préparent une terrasse de bar monégasque réouvert

Le lieu a rouvert le 16 juin sous un autre nom, après avoir vécu de 1993 à 2023 sur le quai Antoine-1er. Si vous espériez un retour à l’identique, la promesse affichée garde un esprit, pas une copie carbone.

Le changement est là. L’adresse qui a marqué la Principauté revient sous l’enseigne Stars of Monaco, avec Didier Rubiolo toujours aux commandes. Mais avec une ligne assumée : avancer avec son temps sans refaire les années 90.

Sur le quai Antoine-1er, la réouverture joue la continuité sans rejouer l’ancien décor

Le lieu est toujours dans le paysage, avec une autre identité. L’ancienne enseigne a tourné pendant trente ans, puis sa fermeture est intervenue en janvier 2023.

Dans ce contexte, la disparition de Kate Powers pèse dans l’histoire du site. Et le fait que le même patron ait conservé la gestion des 1 800 mètres carrés compte dans cette continuité. C’est une reprise en main du même volume, au même endroit.

Pourquoi ce retour ne ressemble pas à un simple “come-back” ?

Parce que la formule annoncée refuse justement la reconstitution. La phrase de Didier Rubiolo laisse peu de place au doute : « Je ne voulais pas refaire la même chose. On évolue dans le monde d’aujourd’hui mais on garde la philosophie d’avant. »

Le discours promet une continuité d’ambiance, avec une adaptation au présent. C’est plus habile, et sans doute plus réaliste, qu’un copier-coller d’une époque fermée depuis 2023.

Entre Conscientiae et Marius, l’adresse a déjà changé de cap avant cette nouvelle formule

Après la fermeture de l’ancien bar, les lieux ont d’abord été transformés en Conscientiae. Puis le gestionnaire s’est associé à des restaurateurs pour développer la brasserie Marius.

Mais cette parenthèse n’a pas duré. L’établissement a définitivement fermé le 31 mai, ce qui éclaire la réouverture de juin. C’est un nouveau repositionnement très rapproché.

Quand un espace de 1 800 mètres carrés change plusieurs fois de formule en peu de temps, le message envoyé au public compte autant que la carte. Ici, on relance un nom neuf, tout en gardant un fil avec l’histoire du lieu.

Ouvert 7 jours sur 7 : la promesse est dans l’usage

Le futur de l’adresse se joue sur un nom et sur un rythme d’exploitation très lisible : 7 jours sur 7, avec une cuisine servie en non-stop du déjeuner au dîner.

C’est le signal le plus concret du projet. Une maison qui veut vivre tous les jours, sans coupure entre midi et soir, cherche une présence continue dans les habitudes de sortie.

Qu’est-ce que vous trouverez sur place ?

La carte annoncée ne part pas dans tous les sens. Elle aligne des repères faciles à lire : burgers, salade César, nachos… avec des plats proposés à une vingtaine d’euros à la carte.

Ce choix est cohérent avec la philosophie affichée. C’est une formule large, directe, pensée pour faire tourner une grande surface et garder un accès simple.

Le mardi, le jeudi, le vendredi, le samedi : l’animation est la colonne vertébrale du nouveau nom

La relance repose aussi sur l’assiette. Vous avez déjà un programme hebdomadaire très balisé : ladies night le mardi, aperitivo chaque jeudi, jaz en live le vendredi, puis un thème musical le samedi soir, choisi selon l’humeur.

Ce détail compte, car il dit comment l’endroit veut se remplir. Le pari est de faire revenir des anciens et de donner des rendez-vous fixes, presque des réflexes de semaine, pour installer le nouveau nom dans la durée.

Un lieu peut rouvrir sur sa réputation ; il ne tient que s’il recrée des habitudes. Là, tout est construit pour ça.

Un maillot de Miguel Indurain au mur : le passé revient par touches, pas en reconstitution géante

Le signe le plus parlant tient peut-être dans un objet. Didier Rubiolo dit avoir conservé un maillot de Miguel Indurain pour le raccrocher au mur.

On garde des marqueurs, on rappelle une mémoire, mais on ne promet pas de remonter le temps salle par salle. C’est même plus fin ainsi : un détail fort suffit parfois à relier deux époques sans transformer l’endroit en décor figé.

L’inauguration du nouvel établissement devait avoir lieu le 26 juin. Le projet tient dans cet équilibre : une adresse connue, un patron resté en place, un nom neuf, des rendez-vous très cadrés et un clin d’œil au mur pour ne pas couper le fil. Si vous cherchiez le même bar qu’avant, vous risquez d’être décalé.

Si vous cherchiez un retour avec une autre grammaire, la promesse est beaucoup plus nette.

Portrait de Isabelle Roux

Par Isabelle Roux

Isabelle Roux est rédactrice locale indépendante en région PACA. Depuis 2017, elle couvre l'actualité niçoise : politique locale, vie culturelle, gastronomie et patrimoine de la Côte d'Azur. Née à Nice, elle est attachée à la culture niçoise authentique — la socca, la pissaladière, le carnaval — et s'efforce de mettre en lumière les acteurs locaux qui façonnent le visage de la ville. Elle contribue également à des dossiers thématiques sur l'identité méditerranéenne.