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Burel revient de loin : à Nice, elle retrouve Lim pour une finale bleue

Portrait de Isabelle Roux
Par Isabelle Roux Publié le 25 juin 2026 · 7 min de lecture
Burel revient de loin

Un 3-6 d’un côté, un 6-0, 6-3 de l’autre, et Nice tenait le samedi 13 juin 2026 une affiche qu’on ne voyait pas souvent à ce niveau-là: une finale 100 % française. Au New Vision Nice Open, Jenny Lim et Clara Burel se sont qualifiées pour l’ultime match de la première édition du tournoi féminin W35 de la ville des Alpes-Maritimes.

Le décor, au fond, est limpide pour vous: une joueuse de 19 ans qui peut enchaîner un deuxième titre de rang, face à une autre de 25 ans qui revient de très loin après une rupture des ligaments croisés du genou droit. Je préfère les finales qui racontent plus qu’un simple tableau du jour. Celle-ci avait une vraie épaisseur sportive.

À mes yeux, c’était même la plus belle histoire possible pour lancer ce rendez-vous niçois.

Lim a vacillé d’entrée, puis le match a tourné net

La plus jeune des deux n’a pas traversé sa demi-finale en roue libre. Opposée à la Suissesse Alina Granwehr, elle a lâché le premier set 3-6, avant de reprendre la main avec un 6-0 puis un 6-1 beaucoup plus autoritaires.

Si vous regardez seulement le score final, vous ratez le cœur du match. Le premier set perdu dit quelque chose d’utile: elle a été bousculée, puis elle a su corriger tout de suite. C’est ce genre de bascule qui me plaît dans une demi-finale.

Un titre ne se joue pas seulement quand tout va bien.

Elle l’a résumé elle-même avec des mots très simples: « Au premier set, c’était un peu dur dans l’intensité du jeu, et après j’ai remis un petit coup de jus dans mes jambes et mes frappes, ça l’a beaucoup gênée ». Vous avez là la meilleure lecture du match. L’explication est directe, et je trouve ça plus parlant que n’importe quelle formule habillée.

Que mettait-elle vraiment en jeu à Nice ?

Cette qualification n’ouvrait pas juste une place en finale. Elle lui donnait la possibilité d’enchaîner un deuxième titre de rang après son succès au W15 d’Oliva. Elle pouvait viser en même temps un premier sacre en W35.

Dit autrement, vous aviez une joueuse déjà lancée, mais encore en train de grimper une marche.

Je tranche volontiers là-dessus: ce double enjeu rendait son dimanche potentiel plus lourd qu’une simple continuité. Gagner à nouveau, c’est bien. Le faire dans une catégorie où elle n’avait pas encore soulevé de titre, c’était tout de suite plus parlant.

Burel, elle, arrivait avec un message beaucoup plus fort que son score

Burel revient de loin

En face, la Niçoise d’un jour retrouvait une adversaire française qui n’avait pas laissé beaucoup d’air à ses rivales. La veille, elle avait déjà battu la tête de série numéro 1, Alevtina Ibragimova, sur le score de 6-2, 6-1. Puis, en demi-finale, elle a dominé la Roumaine Maria Sara Popa 6-0, 6-3.

Vous voyez l’idée: la finale bleue ne venait pas d’un concours de circonstances. Elle se construisait avec une joueuse très solide dans la semaine, capable de sortir la favorite puis d’enchaîner sans traîner. Sur ce point, je suis assez ferme.

Le tableau racontait déjà un retour qui pesait lourd avant même la balle de match de la demi-finale.

Ce retour avait d’autant plus de relief qu’elle est présentée comme une ancienne 42e mondiale et qu’elle était retombée au-delà du top 1000 après sa blessure au genou droit. Là, vous tenez le vrai nœud de son tournoi: pas seulement gagner des matchs, mais remettre son corps dans une suite normale. À ce niveau, c’est souvent ce qui compte le plus.

Ses mots allaient d’ailleurs dans ce sens: « Je suis contente de laisser mes blessures derrière moi et d’être enfin un peu tranquille de ce côté-là. C’est un bonheur de pouvoir jouer et enchaîner les matchs. » Cette phrase suffit presque à résumer sa semaine.

Et franchement, elle valait plus qu’une statistique sèche.

Pourquoi son parcours touchait au-delà du tennis pur ?

Parce que vous n’aviez pas seulement une ancienne joueuse bien classée face à une plus jeune en forme. Vous aviez une femme de 25 ans qui retrouvait le droit d’enchaîner. Cela paraît banal quand tout va bien, mais devient énorme après une rupture des ligaments croisés.

Je trouve que c’est là que cette finale prenait une couleur rare.

À Nice, la première édition a trouvé son affiche idéale

Le New Vision Nice Open n’en était qu’à sa première édition dans sa version féminine W35. Il a débouché sur une affiche que beaucoup de tournois aimeraient s’offrir d’entrée. Deux Françaises, deux trajectoires très différentes, et une finale qui parlait à la fois de continuité et de reconstruction.

Pour vous, lecteur niçois, c’était aussi une façon très simple d’entrer dans ce nouveau rendez-vous.

Je vais le dire sans tourner autour: pour une première, difficile d’imaginer un scénario plus lisible. D’un côté, une joueuse de 19 ans qui pouvait confirmer son élan. De l’autre, une ancienne 42e mondiale qui cherchait à remettre de l’ordre dans sa carrière après une longue casse.

Le lieu aussi comptait, même sans en faire des tonnes. La finale était programmée au Nice Lawn Tennis Club, à Nice, commune française et chef-lieu des Alpes-Maritimes. Vous n’aviez donc pas un grand récit lointain.

Vous aviez une affiche française posée dans un club niçois, avec tout ce que cela pouvait avoir de symbolique pour cette première édition.

Le dimanche 14 juin à 14h30, deux lectures du même match se croisaient

La finale était programmée le dimanche 14 juin 2026 à 14h30. À cette heure-là, il y avait en réalité deux matchs dans le match, et c’est ce qui le rendait séduisant. Vous pouviez y voir la possibilité, pour l’une, d’enchaîner un deuxième titre de suite.

Elle pouvait aussi décrocher un premier trophée en W35.

Vous pouviez y voir aussi, pour l’autre, une marche de plus dans un retour devenu très concret après des blessures lourdes. À mon sens, c’était la lecture la plus forte du tableau: une finale bleue, oui, mais pas une finale uniforme. Les deux parcours se rejoignaient au même endroit sans raconter la même chose.

Onze jours plus tard, ce qui reste de ces jours-ci niçoise tient dans cette affiche-là. Jenny Lim arrivait avec l’élan d’Oliva et un cap à franchir. Clara Burel revenait avec un corps enfin plus calme et un classement à reconstruire.

Pour une première édition à Nice, cette finale française avait déjà trouvé son fil rouge. Un titre à prendre, et deux carrières qui n’avançaient pas du tout à la même vitesse.

Portrait de Isabelle Roux

Par Isabelle Roux

Isabelle Roux est rédactrice locale indépendante en région PACA. Depuis 2017, elle couvre l'actualité niçoise : politique locale, vie culturelle, gastronomie et patrimoine de la Côte d'Azur. Née à Nice, elle est attachée à la culture niçoise authentique — la socca, la pissaladière, le carnaval — et s'efforce de mettre en lumière les acteurs locaux qui façonnent le visage de la ville. Elle contribue également à des dossiers thématiques sur l'identité méditerranéenne.